Interview
paru dans Le Transistor n°8 (Janvier-février-mars 2003)
MUNSHY
: La révélation !
Munshy
impressionne, et c'est peu de le dire. Après leur concert aux
CuiZines pour Watts Up #4, les salles du département se les
arrachent. Ils joueront ce trimestre à La Fontaine, à
La Citrouille et aux 18 Marches. Alors qui est ce groupe, découvert
sur la compilation la Pépinière #2, qui attire en ce
moment les oreilles de tous les amateurs de rock en seine et marne
? Pour vous en faire savoir plus, nous avons rencontré Nimal
(guitariste) et Pace (bassiste) au Vrai Paris, un troquet parisien
du 14e. Autour d'un café, la discussion peut commencer
Racontez-moi
la création de Munshy ?
Nous jouions tous dans pleins de groupes différents, comme
des nomades de la musique. Certains jouaient plutôt du reggae,
d'autres du hardcore, ou des choses plus calmes. Nous étions
nombreux. Beaucoup de groupes se sont créés. Certains
ont arrêté. D'autres ont continué. Nous sommes
ceux qui continuent. Nous sommes cinq sur scène avec Faustine
(Chanteuse), Isham (Guitariste) et Niooka (Batteur) en plus de nous
deux, mais Munshy, c'est aussi un collectif plus large d'individus
qui n'ont pas les mêmes inspirations, qui ne viennent pas des
mêmes milieux
Une partie d'entre nous est plus " roots
", et l'autre vient du théâtre, ont travaillé
dans des médias,
dans la production. C'est la rencontre
de ces 2 milieux qui est intéressante.
Depuis
quand le groupe existe ?
Depuis septembre 2001.
Et
ce nom, Munshy, il vient d'où ?
Ce sont nos potes qui ont choisi de nous appeler ainsi. La sonorité
de Munshy va assez bien avec notre musique, mais le mot n'a pas de
signification particulière.
Y
a t'il un concert qui vous a marqué particulièrement
?
Tous les concerts que nous avons faits jusqu'à maintenant sont
importants et marquants pour nous. Il y a eu un concert au Taubertal
Festival, devant 13 000 personnes. C'était pour la finale du
Tremplin Emerganza en Allemagne. Et puis, il y a les concerts aux
CuiZines. Le premier, c'était pour un festival hardcore. Depuis,
les CuiZines, c'est un peu notre quartier général. Là
où on retrouve la source, la fidélité de notre
public. A chaque fois que l'on y joue, comme pour Watts Up, le public
est présent, et tout roule.
Vos
influences ?
On ne s'intéresse pas tous aux mêmes musiques, et par
conséquent, Munshy se trouve influencé par un peu tous
les styles : rock, trip hop, hip hop, jazz
On ne veut pas se
donner de limite. On préfère dire que l'on fait du rock.
On utilise aussi le terme " Hardcore Trip Hop ", car ça
décrit bien ce que l'on fait en ce moment. Pour te répondre
sur nos influences : un groupe de la scène actuelle remporte
peut-être un peu plus que les autres nos suffrages, c'est Slipknot.
De manière générale, on se retrouve plus dans
la scène anglo-saxonne, que française. D'ailleurs, Faustine
chante en anglais.
Est-ce
Faustine qui écrit vos textes ? Que racontent-ils ?
Ce sont de courtes histoires qui peuvent être discutées
au sein du groupe, mais c'est toujours Faustine qui écrit les
textes, en s'inspirant parfois de nos discussions. Mais, une fois
les textes écrits, elle ne les explique jamais. Ils sont plutôt
de l'ordre de l'intime, de l'expression de sentiments profonds, pas
de l'actualité et pas vraiment politique. Même s'ils
sont en anglais, le public comprend le sens des morceaux grâce
à l'atmosphère qui ressort de notre musique et de sa
voix.
Quel
est votre but ?
Nous voulons faire aboutir un projet artistique collectif le mieux
possible et sans faire de concessions. Pour cela, nous nous organisons
pour prendre les choses à la racine, plutôt que de se
laisser partir, suivre et finir dans une cage. Nous créons
par exemple notre propre label avec une réelle volonté
de comprendre comment tout çà fonctionne. Le fait que
certains d'entre nous aient déjà bossé dans la
production, la communication, nous aide beaucoup. Nous sommes tous
persuadés que c'est le seul chemin à suivre. Nous refusons
de nous intégrer dans des formats préétablis,
de sourire lorsqu'il le faut. Actuellement, la musique est trop formatée.
Autour du groupe gravite une douzaine de personnes, manager, graphiste,
chargé de communication, de relation
comme un collectif
d'artistes mobilisés pour le plaisir sur un projet commun
et çà produit : des films, des photos
On se débrouille
avec les moyens du bord, et force est de constater que ces moyens
sont bons !
Votre
maxi, Liberate, vous ne l'avez quand même pas enregistré
avec les moyens du bord ?
Si. Tout a été enregistré chez nous. Seul le
mixage a été fait dans un studio. Pour nous, le son
fait partie de la composition. On ne peut le confier à un autre.
C'est impensable. Nous préférons perdre un peu de temps,
mais maîtriser au maximum l'ensemble des activités
L'important c'est que notre projet soit construit sur de bonnes bases,
et qu'il ait des racines solides. L'important, c'est de durer, il
y a trop de groupes qui font un tube et disparaissent.